Rédigé le 3/06/26

LA CERTIFICATION RESPONSABILITÉ SOCIÉTALE ET ENVIRONNEMENTALE (RSE) CHEZ DEFENSO ENCADRÉE PAR AKT-CCI

Au premier abord, la démarche RSE pourrait paraître étrangère à l’activité d’un bureau d’avocats, voire sans réelle plus-value pour des cabinets déjà soucieux de prendre en considération l’incidence de leurs choix sur la planète et le climat.

La démarche de certification RSE pour les cabinets d’avocats est certes encore peu répandue, mais a déjà été engagée par plusieurs cabinets.

À Liège par exemple, le cabinet PARALLAXE, sous l’impulsion de Maître F. Boden, est pionnier en cette matière, et avait déjà rédigé, dans le nos 17-18 de Managing Lawyer d’avril 2020, un article intitulé « Un cabinet d’avocats en route vers la neutralité carbone ».

Le cabinet BDAA, dirigé par Maître Jean-Pierre Balthasar, est de même lancé dans la première année de certification RSE.

AVOCATS.BE s’est également engagé dans la démarche.

On citera également, à titre d’exemple à Bruxelles, les cabinets CMS LEGAL et LAW4 NATURE, qui communiquent clairement sur leur
site internet leur initiative.

L’investissement dans le processus de certification RSE implique d’abord la prise en considération d’objectifs beaucoup plus larges que ce
que l’on pourrait imaginer de prime abord, soit la problématique du climat et des limites aux ressources planétaires.

La démarche s’inscrit dans la prise en considération des dix-sept Objectifs de développement durable établis par les Nations Unies (ODD) qui
couvrent des périmètres larges et divers.

Le périmètre dans lequel les acteurs économiques sont invités à s’inscrire via la certification RSE, vise ainsi : la lutte contre la pauvreté,
incluant la sécurité alimentaire, la préservation de la santé, l’accès à l’éducation, l’égalité des sexes, l’accès aux ressources en eau, l’accès à l’énergie, l’activité économique durable et à des conditions décentes pour tous, et bien entendu, les mesures à prendre d’urgence pour lutter
contre le changement climatique et les répercussions de ce dernier.

Enfin, il est question de promouvoir l’accès à la justice et le développement d’institutions efficaces et responsables, ce dernier objectif étant
en lien direct avec notre profession.

En parcourant avec attention ces ODD, on comprend mieux en quoi s’inscrire dans la mise en place d’un programme de Responsabilité
Sociale et Environnementale (RSE) est pertinent pour un cabinet d’avocats.

Les exigences qualitatives du processus de certification RSE impliquent un approfondissement des diverses problématiques : même avec beaucoup de bonne volonté, qu’il ne serait pas possible d’appréhender dans le pilotage quotidien du cabinet.

La démarche RSE amène le cabinet à étudier les différentes problématiques en vue d’agir d’une façon structurée en prenant le temps de cerner les choix ayant un impact sur les différents ODD.

Il est donc question d’un investissement en temps et financièrement non négligeable et la démarche est sans doute hors de portée de petites structures…

Les impacts positifs pour DEFENSO sont nombreux.

Le premier qui vient à l’esprit est lié à la recherche du sens de notre activité professionnelle, si on le considère indépendamment de son apport financier.

Il est difficile en effet de ne pas s’interroger sur l’avenir du monde, face aux données scientifiques objectivant la dégradation des ressources planétaires et de l’avenir climatique avec un cortège de crises inéluctables à terme.

Plutôt que poursuivre sur sa lancée en évitant de penser à ces sombres perspectives, la démarche RSE donne du sens à l’activité professionnelle : elle l’inscrit dans une perspective positive en cherchant, pour chaque aspect, à privilégier les solutions les plus vertueuses, en restant économiquement et pratiquement viables.

La démarche permet donc de se lever le matin avec le sentiment d’agir de façon constructive !

Cette recherche de sens est en outre concrètement impactante au niveau du recrutement : nombre de cabinets d’avocats éprouvent de sérieuses difficultés à recruter des collaborateurs et collaboratrices.

Les études analysant la motivation des candidats concernant le choix d’un futur employeur montrent que la question des valeurs d’entreprise,
et de la cohérence de l’activité avec le respect de la planète dans toutes ses composantes est devenue un critère déterminant.

La RSE est ainsi un facteur d’attractivité.

Par la suite, l’impact est également extrêmement positif en ce qui concerne les performances du cabinet en tant qu’équipe, dans toutes ses composantes, soit le secrétariat, les stagiaires, collaborateurs et collaboratrices, et les associé.e.s.

Entre associé.e.s, constater que cette envie d’agir au mieux sur le plan social et environnemental était partagée, a été la source d’une cohésion et d’un esprit d’équipe renforcé de nature à amener chacun à s’impliquer davantage dans le collectif.

La charge de travail pour déployer dix mesures concrètes par an, trois années de suite, conformément au programme de certification RSE,
est lourde ; mais elle est compensée par la participation de l’équipe, dans toutes ses composantes.

Nous avons créé, au sein du cabinet DEFENSO, cinq équipes dénommées chargées, dans une optique de management participatif, de gérer et
prendre en charge une série de missions.

Ainsi, nous avons mis sur pied :
• une team chargée de l’organisation des événements du bureau ;
• une team chargée de l’informatique ;
• une team chargée de la formation en interne ;
• une team chargée du pilotage du projet RSE en lui-même ;
• une team chargée de la communication extérieure.

Via la mise en place d’un système de gouvernance participative, DEFENSO a mis en place une assemblée générale des secrétaires, une assemblée générale des collaborateurs et une assemblée générale avec tous, permettant à chacun et chacune de remonter des suggestions, des demandes et d’être pleinement informé.es des actions en cours ou à initier.

Une fois encore, cela implique de la part des personnes qui pilotent la démarche, un bon nombre de réunions, mais cela démultiplie les capacités d’action du cabinet.

Nous observons que l’ouverture de tous et toutes à une série de responsabilités et de compétences de décision crée, outre la force de travail, une cohésion d’équipe renforcée, un sens des responsabilités et de l’implication remarquables.

Cette démarche de certification est motivée par de solides convictions sociales et écologiques, mais elle peut l’être également par la prise en considération d’intérêts économiques !

En effet, on voit apparaître, notamment dans les marchés publics, la prise en considération de critères liés à la durabilité en vue d’évaluer la
performance concurrentielle des offres remises par les adjudicataires.

Ainsi, en décembre 2025, le gouvernement fédéral a approuvé la note sur la politique en matière d’achats, qui retient notamment comme objectif la durabilité.

Des marchés publics de construction en Région wallonne intègrent déjà aux critères de sélection la performance en matière de durabilité.
Si l’on n’en est pas à ce stade à ce jour en ce qui concerne les marchés publics adressés aux bureaux d’avocats, il n’est pas du tout à exclure qu’à terme, les pouvoirs publics intègrent à l’avenir des critères d’éthique et de durabilité pour l’évaluation de la qualité de leurs offres.

La certification RSE est donc un atout concurrentiel pour les marchés publics, les entreprises engagées dans ce processus et les personnes
soucieuses d’adopter un comportement responsable.

Toujours de façon pragmatique, l’intérêt pour la durabilité, et ici spécialement sur le plan énergétique, est une manière d’anticiper des bouleversements qui pourraient sinon réserver des lendemains difficiles…

L’entreprise, qui aura été attentive à minimiser ses consommations d’énergie et à trouver une organisation et un équipement des plus performants,
sera grandement avantagée si, comme on peut le redouter dans un terme indéterminé, nous étions confrontés, par exemple, à une nouvelle
envolée des prix de l’énergie.

Même si, ces derniers temps, les problématiques climatiques semblent désintéresser le monde politique, le climat et la dégradation des
ressources naturelles continueront d’entraîner des dommages économiques de plus en plus spectaculaires.

Ceci finira immanquablement par amener les autorités politiques à réagir ; probablement par des mesures visant à pénaliser financièrement
les comportements en cause.

Les structures qui auront anticipé au mieux ce paramètre seront en meilleure posture…

Notre cabinet a la chance d’être associé au cabinet DBB implanté à Mons et Soignies, qui, une année après DEFENSO, a décidé de s’engager aussi dans la certification RSE.

Cette démarche commune à nos équipes agit comme un ciment qui renforce notre cohésion.

Notre expérience RSE a été l’occasion d’accroître la cohésion et la conscience des valeurs partagées entre les dirigeants du cabinet,
d’impliquer dans ces actions de toutes natures, toutes les forces vives du bureau ; et de rencontrer nombre d’intervenants issus d’entreprises
de toutes natures partageant la même démarche.

C’est donc là aussi un bénéfice sur le plan de la visibilité du cabinet et de la mise en place d’un réseau d’acteurs sensibilisés à ces enjeux.
L’impact en matière de réseautage et de communication extérieure est enfin bien réel pour DEFENSO : nous sommes entrés en
contact avec nombre d’acteurs économiques mobilisés par cette démarche et le cabinet a été mis en valeur lors de la soirée de gala de la
CCI Liège-Namur-Verviers.

La mise en place des nombreuses actions faisant partie des dix actions annuelles requises par la certification RSE a également été une
source d’enrichissement qualitatif à de nombreux égards au sein du cabinet.

Nous avons été amenés ainsi à réfléchir et définir quelles étaient les valeurs que nous souhaitions défendre dans notre activité
professionnelle.

Ceci nous a amenés à entreprendre plus d’initiatives en lien avec ces valeurs et à développer au sein du cabinet plus de solidarité.

Nous avons, par exemple, mené des actions de sensibilisation aux enjeux climatiques, comme la projection d’une série de trois documentaires
dénommés « The Week », réalisé un bilan carbone de l’activité du cabinet – avec une présentation des impacts les plus nets (nos déplacements domicile-lieu de travail et professionnels et l’informatique).

Nous avons pu créer et aménager nous-mêmes en équipe un jardin faisant la part belle à l’esthétique et à la biodiversité.

Nous avons travaillé à la diminution de nos déchets en mettant notamment à disposition de chacun un emballage réutilisable pour sandwichs et pour des salades à emporter.

Des formations premiers secours et de management en ressources humaines ont été menées qui ont suscité un grand intérêt.

Un cadre transparent et fixe a été fixé pour les démarches de mécénat menées par le cabinet : un budget annuel a été planifié globalement et la possibilité est offerte à chaque membre du cabinet, y compris les secrétaires, à définir une association ou une cause à subsidier avec un budget défini.

Nous réfléchissons à notre politique d’achats en vue de privilégier des acteurs économiques, éthiques et respectueux de l’environnement.

Nous avons au sein du cabinet un service de troc et de prêt d’outillage ou de matériel, voire de vêtements pour enfants.

Nous avons de la soupe préparée et servie une fois par semaine à midi.

Un soin particulier est également mis à l’accueil de nouveaux membres du cabinet : un formulaire d’étonnement est soumis aux nouveaux après quelques mois de présence, un guide de bienvenue contenant toutes les informations utiles à la bonne compréhension du contexte professionnel est communiqué, tandis que des personnes référentes sont désignées pour accueillir les éventuelles difficultés à la fois au niveau des associés et des collaborateurs.

Des mesures ont également été prises en ce qui concerne l’égalité des genres et essentiellement la réduction des désavantages financiers auxquels
sont exposées les mamans.

Nous avons participé au nettoyage du quartier via l’organisation BE WAPP…

La liste des mesures prises dans tous ces secteurs
est encore longue…

Elle peut paraître écrasante dans son volume.

Toutefois, à partir du moment où elle suscite l’adhésion de l’équipe, il est possible, avec l’implication de tous, de mener beaucoup plus de projets que dans une structure à l’organisation hiérarchique, où quelques associés concentrent toutes les initiatives et décisions.

La démarche est structurée par l’encadrement que nous offre AKT-CCI avec la planification, la validation et le suivi des dix mesures annuelles à mener à bien sur une durée de trois ans.

L’investissement consenti en énergie et financièrement est parfois compensé par des changements amenant des économies.

Souvent il n’est certes pas compensé financièrement, mais constitue un enrichissement sur le plan de la qualité de vie et du bien-être général
au sein du cabinet, ce qui augmente, sans que cela ne soit bien sûr quantifiable, l’investissement de chacun.

Personne au sein du cabinet ne regrette les efforts consentis dans ce cadre, et je ne peux qu’encourager toutes les structures qui en ont les moyens à réfléchir à la démarche !

Rédigé par : Benoît Delacroix

Avocat au Barreau de Liège-Huy